(Ana)Thème Rousseau

Publié le 2 Septembre 2012

(Ana)Thème Rousseau

J’ai été surpris de lire la chronique N° 88 de Michel Onfray tant elle ressemble à un anathème qui voue aux gémonies l’héritage de Jean-Jacques.

Sans avoir la prétention d’avoir lu tout l’œuvre du contradictoire et complexe Genevois, l’argumentation de M. Onfray oublie pour une fois de replacer le texte dans le contexte pour en condamner d’abord son immédiat héritage révolutionnaire que ledit Jean-Jacques aurait sûrement renié puis ses héritiers putatifs modernes et contemporains qu’il aurait été bien en peine d’imaginer : « si ce n’est toi, c’est donc ton fils ou ton neveu ou ton petit-neveu ou un qui s’imagine et se revendique comme tel » entend on mezza voce au pauvre Rousseau, ainsi condamné à être poursuivi par sa parano jusque dans les limbes … d’autant qu’il fut lui aussi en son temps en but à la chasse des meutes éclairées de l’opinion dominante …

En suivant, j’ai trouvé le petit texte de Michel Soëtard sur le prévenu qui me semble calmer opportunément le jeu et avancer sa défense raisonnée face au réquisitoire de la chronique et que je mets en lien ci-dessous.

D’ordinaire, j’aime pourtant la lecture pointilleuse de Michel Onfray et ses annotations dans les marges. Je ne l’ai pas retrouvée ici dans cette excommunication minute ; d’où ma surprise et mon envie de lire un peu plus précisément ledit Rousseau pour qui je n’ai jamais éprouvé de sentiment amical, contrairement à M. Onfray dont je regrette qu’on ne puisse commenter ses chroniques. Pourquoi pas après tout ?

Rédigé par Apicelleria Filomato (dit Api)

Repost 0
Commenter cet article

Ewa 03/09/2012 14:26

Bonjour Api,
Voici un extrait de ma réponse à votre commentaire sympa sur Banquet avec Onfray :

Apicelleria, merci pour le lien vers votre site qui intéressera sûrement nos visiteurs. J’y retournerai pour découvrir de plus près vos articles qui semblent être construits en forme de lettres ouvertes. :~) Pour l’instant, juste un mot concernant Rousseau. Des griefs d’Onfray contre ce philosophe ne datent pas d’hier. On les retrouve déjà dans son premier livre « Le Ventre des philosophes » (III, Rousseau ou la voie lactée, p. 45, biblio essais 2006) :
« On sait l’obsession du philosophe à critiquer la modernité, son temps et, corrélativement, son goût pour une humanité naturelle qui n’est rien moins que mythique. Le Discours sur les sciences et les arts est l’un des textes les plus dignes de figurer dans une anthologie des écrits obscurantistes : critique du commerce, des mœurs, du luxe, des activités intellectuelles, de la philosophie et de ce qui, globalement, de près ou de loin, relève de la culture. Au sommet de sa lucidité, Rousseau fustige l’imprimerie - "l’art d’éterniser les extravagances de l’esprit humain : - et stigmatise "les désordres affreux (qu’elle) a déjà causés en Europe." »

Quant à l’impossibilité de commenter les chroniques d’Onfray, j’en comprends un peu les raisons. Si les commentaires avaient été ouverts, vu les passions qu’Onfray déchaîne, cela aurait attiré plein de fous alliés, d’extraterrestres, d’illuminés, d’idiots, de ses détracteurs acharnés, et avec tous ce petit monde, on n’aurait eu que des éloges de fans abrutis, de la haine, des insultes, des menaces… Vous imaginez ce travail à plein temps pour les lire, éventuellement y répondre, modérer et censurer tous ces trolls?


A bientôt,
Ewa

Apicelleria 03/09/2012 20:14

Merci Ewa pour votre visite ici.
Vous êtes la bienvenue, comme vos amis du Banquet avec Onfray.
Et puisque vous m'y avez si agréablement accueilli, je prendrai plaisir à venir y discuter et à y flâner pour y penser tranquillement.
Bien à vous