Curieux syllogisme

Publié le 2 Août 2012

Curieux syllogisme

Cher Monsieur Jorion , il y a une constante effectivement entre la préconisation de la dissolution concertée de la zone Euro, organisée par l’Union Européenne et donc aussi par les pays de l’Union hors de l’Eurogroup et l’inspiration un peu échevelée et cavalière de fusionner les dettes des membres de l’Eurogroupe et d’en dénoncer le terme. Tout cela ne pourra pas se faire sans l’intervention du FMI dans chacun des pays déclarés insolvables.

A ceci près que ce qui motiverait ces deux décisions, ce serait le problème du poids des dettes souveraines.

Or curieusement pour justifier la dissolution de l’Eurogroup, vous nous dîtes aujourd’hui qu’il s’agit d’un problème de compétitivité de la zone toute entière dont la dégradation depuis plusieurs décennies non seulement engendré le niveau jugé insupportable des dettes souveraines mais rendrait aujourd’hui impossible sa solution en terme de refinancement par la BCE.

Autant dire que l’intervention ou pas de la BCE voire son existence ou son inexistence serait selon vous à effet nul. En quoi la dissolution de l’Eurogroup résoudra-t-elle un problème dont elle n’est ni la cause ni la conséquence ?

Il y a là un curieux syllogisme, n’est-ce pas ?

On peut même se demander si jeter le bébé de l’Eurogroup avec l’eau de la crise au moment où les économies émergentes s’essoufflent dangereusement (en particulier pour la Chine) et où les finances américaines tremblent à nouveau (peut-être pour un ultime soubresaut de leur suprématie) ne serait pas créer encore plus de confusion dans une situation délicate ?

L’Eurogroup anéanti, on peut abandonner l’idée d’une convergence économique à terme et justement la zone Euro (donc une grande partie de l’Union Européenne) redevient un champ de bataille économique où les dévaluations compétitives en chapelets pourront à elles seules alimenter la chronique des meilleurs blogs économiques …

Le vieil adage qu’on est plus fort ensemble que seul, il n’y a que dans les films d’horreur où devant la menace invisible qui monte un petit groupe se divise puis se subdivise tout au long du scénario pour permettre la disparition de l’un de ses membres à chaque nouvelle division.

C’est vrai que ces scénarios sont aujourd’hui éculés, même dans le cinéma d’horreur de série Z’ … Est-il meilleur en économie ? Est-il meilleur en politique ?

Car ici il ne s’agit plus seulement d’économie, ni même d’économie politique mais de politique, la pure et dure, la méchante, celle qui oppose les pays, les continents, celle qui oublie les peuples et bénéficie à tous les marchands de guerre qui y ont un intérêt collatéral parce qu’à la fin il ne devrait en rester qu’un, pour la suprématie mondiale …

Cela peut laisser songeur devant son billard à mille bandes … c’est beaucoup troublant qu’un billard à cent bandes, c’est beaucoup troublant, c’est beaucoup plus troublant … la lala la la lala … : petit hommage au Grand Jacques … parce qu’après tout l’Aventure c’est l’Aventure, non ?

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