Donner le bain à bébé

Publié le 10 Août 2012

Donner le bain à bébé

Deux petites lettres ouvertes qui réagissent à l’épineux problème d’équilibrer un budget qui se pose aux experts et autres adeptes des think-tanks.

Cher Monsieur Jorion,

votre aparté sur les experts m'a beaucoup plu comme votre incise sur l'émergence molle et foutraque de la science économique ... et m'a fait sourire quelques secondes plus tard quand vous avez proposé de créer une commission d'experts qui aient une connaissance approfondie des mathématiques ( définie par vous comme la science du numérateur et du dénominateur ... )

Je ne peux que vous encourager car vous êtes sur le bon chemin même si la tentation est forte, hein, hein ?

On se sert de l'expert pour tout aujourd'hui : parfois diplômé, souvent très bien élevé, toujours bonimenteur, c'est un condottiere médiatique et moderne, un colonel sans armée, un cadre sans carrière ni mission, irrémédiablement fauché, doté d'un ego et d'une imagination surdimensionnés qui le font le plus souvent se fantasmer comme le conseil du prince et parfois comme le prince lui-même.

Allons encore un petit effort et même l'expertise mathématique vous semblera grotesque comme l'est cette manie de tenter de tout modéliser : du réchauffement climatique au calcul des primes de risque des actifs financiers ...

La science n'a rien à faire avec la politique, cette dernière étant un art ; rien non plus à faire avec l'actualité qu'on qualifie pompeusement d'économique et qui ne recouvre rien ou si peu.

Pour penser l'économie, pas besoin d'experts, de modèles ou de machines.
Pour penser non plus, d'ailleurs.
C'est ce qui nous fait défaut aujourd'hui, n'est-ce pas ?

Car on pourrait réfléchir et discuter de bien des choses avec les moyens à notre disposition. Mais il faut bien avouer que le troupeau adore toujours ses gourous qui prennent des poses instantanées pour prédire l'avenir d'un air inspiré et revendiquer une influence quelconque et souvent occulte sur la rotation de la planète. Rien de neuf pour les anthropologues depuis la grotte de Lascaux ...

Bien le bonjour.




Cher Béo
( si vous me permettez la forme diminutive car écrire cher Béotien me laisse un arrière goût de narquois bien peu en conformité avec mon caractère au naturel fort courtois et débonnaire au demeurant ...)

J'ai lu ce très long exposé et ses 36 notes (au format très universitaire, au contenu très Saint-Ouen version puces), en regrettant qu'il ne propose pas d'espace pour le commentaire de ses courageux lecteurs qui découvrent ébaubis la belle conclusion de la conclusion : Les alternatives existent !!!

Mais, mais, patience on ne nous dit pas lesquelles puisque le présent travail de notre ami think tanker ( ou tank thinker ?) est une lecture critique.

Alors oserais-je proposer bêtement, la béotienne solution suivante :
On ne peut établir le budget dépenses qu'après avoir établi le budget des recettes certaines, en s'interdisant la procédure des lois rectificatives ; le surplus de recette étant affecté en fin d'exercice au désendettement prioritaire du pays sur les échéances courtes et le déficit étant comblé prioritairement et intégralement sur le budget recettes de l'exercice à suivre.

Voilà, j'ai osé.
C'est moins long, c'est pratique, c'est clair et cela peut faire une loi que tout le monde pourra comprendre et appliquer sans être expert, énarque, ni thinker ni tanker ou mathématicien modélisateur.

Bien le bonjour chez vous et à tous les béotiens, mes amis.

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