Du sucre pour le marché

Publié le 3 Août 2012

Du sucre pour le marché

Dans son film Le sucre (1978), Jacques Rouffio traite avec une certaine délectation la comédie des crises spéculatives. Il rééditera dix ans plus tard avec la superbe fresque télévisée bâtie sur l’œuvre d’Emile Zola L’argent (1989) qui nous retrace les péripéties de Saccard le boursicoteur failli. Dans Le Sucre, il moque avec jouissance la fin d’un marché spéculatif, né de rien et retourné à rien.

« Ben alors, mon Titi, t’as rien compris, toi ! Si le marché ferme, y a plus de marché ! Fini, terminé ! Plus de dettes, plus rien. Y a qu’à attendre qu’il réouvre et on pourra recommencer, hein, hein ! », comme lui dit l’ami Gérard, en jeune placier fringuant et sans le sou.

Monsieur Gross, un des dirigeants du système mondial d’assurances et de réassurance, dont personne n’évoque jamais le rôle dans l’analyse des causes de la crise financière et économique, nous annonce tout de go la surévaluation chronique du cours des actions et la mort du marché obligataire qui serait déjà un canard sans tête ?

« Encore un petit sou … toujours un petit sou … » braillait Michel Piccoli sous le nez de Roger Hanin, l’inénarrable Karbaoui.

Il y a des jours où assis au bord de la mer, je me demande, le sourire aux lèvres, si le méta-monde des élites auto-proclamées continuera à nous prendre longtemps pour des modestes pharmaciens, petits porteurs de Carpentras.

Il parait que le cinéma Hollywoodien ouvre l’esprit aux béotiens de la finance … je connais des classiques, français et marseillais dont on a gobergé le manque de finesse. On a les références et les élégances qu’on peut, mon brave Monsieur … mais en ces temps pas si éloignés, certains citoyens osaient encore penser par eux-mêmes. Le marché est fermé ? Allons donc ! Le marché est fermé ? Vive le marché ! Ouvrez grandes les portes, y en a du sucre, y en a encore ! Je prends, je prends, je prends, j’achète !!!!

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