La peau de l'ours

Publié le 24 Juillet 2012

La peau de l'ours

En préambule à l'article de Jacques Attali du 23 Juillet sur son blog de l'Express, il est regrettable qu’on ne sache pas où se tenait cette conférence qui réunissait de telles sommités, ni sous l’égide de qui, ni dans quel but hormis celui « de réfléchir ensemble », mais c’est une faiblesse contemporaine tellement influencée par les médias …

Donc soit, une telle réunion eut lieu réunissant nos éveillés modernes, bien loin de Cordoue … Et sa substantifique moelle relatée en conclusions numérotées appellent mes quelques questions :

2- Les USA doutent-ils de leur système politique et en particulier présidentiel ou n’auraient-ils pas plutôt pris conscience que leur leadership militaire, diplomatique et économique est en train de vaciller ?

3- Est-il correct de voir la Chine comme un substitut de l’ex-URSS du fait de leur seule référence au communisme ? Est-il exact d’affirmer que le modèle chinois (lequel ?) permet à la Chine de décider sur le long terme ? Est-il exact d’affirmer que les démocraties occidentales sont incapables de prendre de telles décisions à long terme ?

4- Peut-on affirmer que l’Europe a déjà disparu de l’Histoire ? Peut-on affirmer qu’elle est incapable de gérer sa monnaie et que l’Euro est une monnaie morte ?

5- Il y aurait des progrès techniques gigantesques en gestation dans : la multiplication des réseaux réels et virtuels ce qui est déjà à l’œuvre depuis 20 ans dans la mondialisation du commerce et le développement d’internet, le stockage de l’énergie qui est un vieux mais encore doux rêve, de la capacité à apprendre quand on sait que l’utopie de l’économie du savoir a profondément dévalué la valeur marchande desdits savoirs partout où elle est à l’œuvre dans le monde de l’Europe à l’Inde, de la possibilité de fabriquer à distance en 3D ce qui supposerait un ouvrier connecté à un robot à l’autre bout de la planète (mais pourquoi ?) … Enfin on chercherait aujourd’hui à créer une pensée collective pour penser plus vite que les individus ? Mais dans quel but ? Et que signifie pensée collective ?

6- Face à cette falaise de progrès techniques, le politique se trouverait confronté au dilemme d’une politique nataliste ou d’une politique malthusienne puisqu’il faut envisager une irréversible hécatombe des métiers. Or cette question de la dénatalité n’a-t-elle pas été posée depuis 1798 à la parution de l’Essai sur le principe de population de Thomas Malthus ? Quel est le lien entre l’accumulation des progrès techniques et l’hécatombe des métiers et du travail ?

7- Est-il vraiment opportun de réfléchir à organiser une gouvernance mondiale qui soit différente des Nations Unies pour permettre à tout le monde donc chaque individu de se sentir reconnu quand on anticipe le chaos général ?

Mais au final ne vaut-il pas mieux questionner l’avenir que de le préempter ? Certains ours se tâtent parfois la peau et se grattent le menton, songeurs …

Rédigé par Apis

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Alain L. 25/07/2012 15:15

A mon humble avis, Attali mélange ses inclinations et les désirs de cette "élite" dont il est on ne peut plus clair qu'il entend en faire partie...
Par ailleurs, je trouve assez touchant quelque part ces réflexions, tant elles révèlent une mentalité pré-moderne (par opposition à post-moderne) où la technologie est la reine de l'Homme Rationnel qui raconte l'avenir à la Nature soumise...
On peine à trouver une présence pour les peuples dans ce catalogue. On se demande, on s'inquiète, alors on incline, on choisit et on décide, par exemple, de pousser ces peuples à enfanter moins, le "progrès" n'y survivrait. Quelque part, le paradigme de cette conversation, c'est le totalitarisme.