La solution des pôles de Compétitivité

Publié le 31 Août 2012

La solution des pôles de Compétitivité

Monsieur Attali,

avec quelques autres, je suis heureux de voir que l’Euro que certains annonçaient moribond voire mort en Décembre 2011 soit non solum sur la voie la voie du rétablissement sed etiam sur un tremplin de financement à bas coût pour toute la zone.

Au-delà des craintes institutionnelles qui n’en sont pas vraiment puisque l’Allemagne n’a aucun intérêt à un blocage aujourd’hui et par-delà les questions toujours institutionnelles de création d’un ministère fédérale des Finances pour contrôler la mise en œuvre de sages et orthodoxes politiques budgétaires, on se dit que si la solution ne tient qu’à la résolution de ces deux simples questions alors son horizon est tout à fait visible et ce n’est effectivement qu’une question de mois.

Or, voyez-vous, cette vision exclusivement technocratique pour correcte qu’elle soit (et bien plus réaliste que celles exclusivement monétaires et apocalyptiques de médiatiques experts comme Jorion), est hémiplégique et oublie trop facilement que la prospérité de la zone Euro ne peut passer :

- que par la croissance,

- que celle-ci est atone et en dessous des 1,5% nécessaires à une réduction notable et durable du chômage (voire compromise pour certains Etats membres en-dessous de 0%),

- que conformément à John K.Galbraith seule l’augmentation de la production peut relancer cette croissance si tant est qu’elle vise les marchés mondiaux toujours en croissance malgré un tassement à 3,5% (bien suffisants pour une résorption du chômage européen),

- que cette augmentation de la production ne peut se faire que dans le cadre des Pôles de Compétitivité, outil déjà à notre disposition, pour peu qu’on investisse massivement dans la partie commerciale plutôt qu’exclusivement dans la partie Recherche,

- d’ailleurs cet investissement étant essentiellement dans la Ressources Humaines est le débouché naturel et tout désigné des emplois d’avenir, indispensables socialement et qui devraient être multipliés pour les jeunes accédant au marché du travail,

- d’ailleurs de manière assez drôle la montée en puissance de ces pôles de compétitivité mettrait fin à l’insoluble course à la compétitivité qui détruit la qualité des emplois et leur rémunération et paupérise et précarise chaque jour davantage nos compatriotes,

- que l’investissement commercial français à l’export doit profiter du moteur allemand et que cela peut et doit se négocier,

- qu’on voit que tout cela pourrait être avantageusement orchestré par un ministre de l’Economie fédéral (ou mieux un délégué fédéral au Commerce Extérieur sous l’égide du Président et pas de la Commission), même si son rôle serait d’orchestrer et pas d’impulser, prérogative de chaque Etat.

Vous voyez qu’il y a lieu d’agir maintenant que les discussions entre experts sous l’arbre à palabres européens ont fini par les mettre d’accord sur la seule solution possible : un rachat des dettes européennes et une baisse des taux de l’Euro, l’Allemagne y aillant gagné, fine mouche, une dévaluation compétitive de sa monnaie au moment ad hoc. Les autres pays qui ont négocié les moyens de leur croissance en contrepartie doivent maintenant se mettre au travail … assez de palabres, assez d’experts et d’expertises, il faut agir et vite … sinon le pouvoir d’achat artificiellement maintenu commencera réellement à baisser et le chômage explosera pour de bon, rétrécissant notre marché intérieur. C’est ce qui inquiète le gouvernement chinois d’ailleurs qui se rapproche furieusement du plancher des 7% de croissance en dessous duquel leur chômage va commencer à croître dangereusement …

Vous le voyez, concentrons-nous sur la production et nos Pôles de Compétitivité !

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