Présentations du pouvoir d'achat des ménages

Publié le 4 Septembre 2012

Présentations du pouvoir d'achat des ménages

J’avoue ne m’être jamais posé la question de l’existence d’un écart d’évolution entre le pouvoir d’achat par personne et le pouvoir d’achat par ménage

Il existe bien et on le retrouve effectivement dans le tableau ci-dessous publié par l’INSEE dans les comptes nationaux.

Voir le Lien N° 1 : Tableau du Revenu disponible brut des ménages français et évolution du pouvoir d'achat par personne, par ménage et par unité de consommation (Mise à jour le 15 mai 2012) 

O. Bouba-Olga s’est posé lui cette question sur son excellent blog (en lien ci-dessous) et rapproche ce tableau des revenus disponibles ( Tableau 1) du graphique de la répartition de la population française par taille des ménages.

Voir le lien N° 2 : Tableau de l'évolution des ménages français selon leur taille depuis 1975

Et il indique que «les évolutions marquées (de la population …) s’expliquent d’une part par le vieillissement de la population et d’autre part par la fragilité des couples de 30-59 ans », ce qui me semble exact et ne nécessite pas d’autres commentaires.

Car effectivement la modification de la composition (ou le ménage de 2 personnes compte pour 1,5 personnes et le ménage de 6 personnes, par exemple, un couple avec 4 enfants de moins de 14 ans compte pour 2,7 personnes seulement !) fait bien apparaître 3 millions de petits ménages supplémentaires entre 1999 et 2009 comme l’INSEE l’indique ici.

Pour autant peut-on en conclure comme lui que « si (…) la composition des ménages suit l’évolution retracée dans le graphique ci-dessus, le pouvoir d’achat par ménage (…) va nettement baisser. » ?

Oui, à tout coup, si on fait l’hypothèse comme O. Bouba-Olga qu’on est « dans le cas d’une économie dont le nombre d’habitants ne bouge pas, dont les revenus ne bougent pas, dont les prix ne bougent pas sur une période donnée» … ce qui n’est bien sûr pas le cas de la France puisque l’INSEE produit cet autre tableau qui fait apparaître que malgré la cassure de 2008, le revenu disponible brut ou arbitrable a connu une croissance annuelle de 2,5% à 5% :

Voir le  lien N° 3 : Tableau du Revenu "arbitrable" des ménages français et évolution du pouvoir d'achat "arbitrable" par personne, par ménage et par unité de consommation ( Mise à jour le 15 mai 2012) 

Non, voyez-vous ce qui perturbe sur la période c’est l’évolution de l’indice des prix sur la consommation finale des ménages qui était autour de 2% entre 2006 et 2007 quand la croissance du revenu arbitrable était entre 4 et 5% et qui toujours aux alentours de 2% en 2011 quand la croissance du revenu arbitrable n’est plus que de 3% …

D’ailleurs pour 2011 on peut s’étonner de l’évolution du revenu arbitrable qui est de 3% quand celle du revenu disponible est de 2,6% !

C’est donc avec une surprise renouvelée qu’on peut découvrir le tableau suivant :

Voir le lien  N° 4 : Dépenses de consommation finale des ménages français pré-engagées à prix courants

Quoi ? Sur la période 2005-2011, la part des dépenses pré-engagées reste d’une stabilité têtue et en particulier celles liées au logement aux alentours de 21% du revenu disponible brut (on pourra d’ailleurs en rediscuter ailleurs et plus tard concernant la question des problèmes du logement en France).

Donc peut-on en conclure de manière définitive comme O. Boulba-Olga que l’« effet de composition impacte certainement plus le pouvoir d’achat des ménages que la hausse du prix de l’essence… » ?
Eh bien, non je le crains car les chiffres sont précis et têtus … comme les économistes …
Le prix de l’essence joue un rôle très important dans l’affectation du pouvoir d’achat arbitrable des ménages, comme chacun peut sans rendre compte et quelle que soit la taille de son ménage d’ailleurs (Ah, empirisme quand tu nous tient !)

En revanche, je me dois de rajouter qu’O. Bouba-Olga fait en passant une remarque très juste et frappée au coin du bon sens selon laquelle :
« En quoi la composition des ménages impacte-t-elle le pouvoir d’achat? La composition des ménages a un effet structurant sur le pouvoir d’achat, car vivre à plusieurs sous le même toit permet de bénéficier d’économies d’échelle, en raison de l’existence de coûts fixes. » et on pourrait rajouter pour les enfants en bas âges, cela permet de bénéficier d’allocations familiales par exemple …

Eh bien, il me semble que cette remarque là n’est absolument pas prise en compte par l’INSEE qui calcule l’évolution du pouvoir d’achat par personne et par ménage à partir de son calcul de l’évolution du pouvoir d'achat du revenu disponible brut des ménages … c'est-à-dire pour l’ensemble des ménages après quoi elle fait une simple règle de 3 pour la ramener par personne ou par ménage. L’économie d’échelle n’est pas donc pas prise en compte puisqu’elle affecte le même coefficient au numérateur et au dénominateur …

Comme disait Monsieur Cyclopède, étonnant non ?

Rédigé par Apicelleria Filomato (dit Api)

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Commenter cet article

Kart 29/09/2012 14:56

Vous prenez un peu l'INSEE pour des pigeons... vous pensez vraiment que l'institut fait des enquêtes sur le revenu avec plusieurs milliers de personnes, pour appliquer une règle de 3 à la fin? Hum...