Renverser l'angle allemand

Publié le 21 Août 2012

Renverser l'angle allemand

Cher M. Leclerc, il semblerait que les observateurs et autres experts s'obstinent à ne pas comprendre que la position allemande est inévitable à l'intérieur de la zone Euro et qu'elle ne fait que traduire un rapport de force économique entre les différents pays de l'Union.

La monnaie est un aujourd'hui vecteur d'une hégémonie et d'un modèle de développement.

L'économie allemande a besoin de dévaluations compétitives pour prendre le large du grand export et sortir de son manège européen où elle tourne en rond.

Les économies de la zone Euro ne peuvent pas les supporter, elles sont un frein pour l'économie allemande et doivent se réformer pour les allemands : et le plus vite possible.

L'Allemagne ne peut ni ne veut abandonner une zone monétaire où elle domine, ni l'Euro qui est un super-mark. Mais elle piaffe d'impatience de quitter la zone économique européenne dont la croissance marque le pas alors que la croissance mondiale se maintient.

Pour elle, les pays européens devraient la soutenir et accepter de rentrer dans son sillage économique pour pouvoir en profiter.

Il n'est donc pas question pour elle qu'elle s'affaiblisse économiquement pour soutenir une monnaie dont les autres économies ne peuvent supporter la dévaluation.

En d'autres termes, on se trompe quant à l'envie hégémonique de l'Allemagne : elle n'est pas financière ou politique mais économique et on se trompe sur sa ligne d'horizon qui est mondiale et pas européenne.

Les pays européens ont du mal à comprendre leur intérêt à faire de l'Allemagne leur locomotive économique et à négocier les contreparties de leur soutien. Et curieusement l'Allemagne n'arrive pas à imposer le débat en ce sens.

Finalement, on ne sortira de cette crise que lorsque les pays Européens comprendront que c'est l'Allemagne qui a besoin d'eux et pas l'inverse.

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