Tous responsables ?

Publié le 23 Juillet 2012

Tous responsables ?

Jacques Attali définit les responsabilités urbi et orbi dans la déroute de Peugeot à Aulnay et les pistes de solutions.

En fait se pose d’abord la question de la responsabilité économique … à défaut de la culpabilité qu’il sera assez tôt tentant de rechercher.
Une société se tisse de multiples liens et on peut diluer la responsabilité autant de fois qu’il y a de liens. Pourquoi pas ? Mais de quoi s’agit-il dans cette affaire ? Il s’agit d’un contrat qui lie une entreprise avec tous et chacun de ses salariés.
La taille de ladite entreprise a impliqué mais de très loin l’administration de l’Etat qui se parfume en France de tout régenter en s’occupant de peu, voire parfois de rien dans certains domaines.
En réalité, les parties prenantes sont deux : les salariés et les actionnaires de l’entreprise via son management. Les autres, malgré leurs prétentions, sont de purs observateurs.

Ensuite se pose la question des solutions. Or conseiller aux salariés de quitter le navire qui prend l’eau pour chercher une barque plus petite mais plus dynamique, c’est donner quitus aux managers et à leurs actionnaires et ouvrir une perspective immédiate aux salariés, la seule valable et valide peut-être. C’est passer la culture d’entreprise par pertes et profits, c’est encourager les salariés au mercenariat et au-delà remettre en question les fondamentaux du management qui essaie d’établir ses us et coutumes depuis une quarantaine d’années …
C’est justement absoudre les managers de leur responsabilité sociale devant leurs salariés en leur demandant seulement de réfléchir à de nouvelles tactiques industrielles afin de maintenir de l’emploi en France : leur seule responsabilité sociale recherchée est donc celle devant l’Etat. Quant au rôle de l’Etat appelé à assumer le coût du mercenariat au travers de la formation à la reconversion et à encourager une politique des transports new age, c’est le concentrer sur des tâches annexes qui empêche de réfléchir dés aujourd’hui au niveau macro-économique à l’avenir industriel du pays.

Or il nous faut un Etat stratège qui soit capable de réunir les parties prenantes autour de la table afin de gérer ensemble les problèmes de l’intendance et afin de réfléchir ensemble à l’avenir à très court, à court, moyen et long terme à l’avenir de notre pays. Combien de temps prendrons-nous encore à ériger des tribunes et tribunaux pour rechercher des responsables et peut-être des coupables ? And so what ?

En réponse à l'article de J. ATTALI paru dans l'Express le 16 Juillet 2012

Rédigé par Apis

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