Le Da Capo de Benjamin Franklin

Publié le 31 Juillet 2012

Le Da Capo de Benjamin Franklin

Curieux texte que votre texte, Monsieur Attali, qui se propose de savoir qui mérite d’être riche ? Il nous invite immédiatement à la critique la plus sévère alors que votre réflexion est très pertinente.

Qui mérite ? Personne et tout le monde assurément. Cette question n’est ni éthique, ni philosophique.

Qu’est-ce que la richesse ? On ne peut pas se contenter de le définir de manière subliminale comme vous le faites par l’accumulation du capital (même si elle en est partie). Car on oublie facilement la mesure de la richesse monétaire à l’aune de la liberté et non du capital : seuil de pauvreté, seuil de précarité, seuil de réalisation, seuil d’indépendance sociale …

Rapidement vous nous dites : à l’origine les détenteurs du pouvoir politique, militaire ou religieux puis leurs proches et par une richesse foncière. Puis à une période que vous ne datez pas mais qui serait née avec l’économie de marché (entre le mercantilisme, les débuts du libre échange et la dérégulation des marchés, il y a près de 150 ans !) serait apparue la richesse entrepreneuriale, indissociable du risque que l’on se doit moralement de prendre pour sortir de la pauvreté.

N’est-ce pas tout simplement oublier le grand problème de la RENTE, revenu du capital toujours sans effort, parfois sans risque, qui épuisa tout le XIXème siècle et mourut de sa belle mort entre deux guerres pour réapparaitre depuis la dérégulation des marchés financiers dans les années 80 ?

Quant aux digressions sur les valeurs respectives du judaisme, du protestantisme et du catholicisme comme sur le rôle richisside de la révocation de l’Edit de Nantes et de l’inspiration de Louis XIV, elles sont à mon avis trop elliptiques pour ne pas être tout à fait caricaturales, ce qui est dommage car cela peut évidemment se discuter.

Puis vous posez la question d’actualité du revenu acceptable, non pas sous l’angle du seuil de pauvreté mais sous l’angle du revenu maximal ! Vous nous parlez donc plutôt du revenu maximal tolérable ? Mais tolérable par qui ? Les autorités, l’opinion publique, le quidam ? De là, d’une grande enjambée vous nous propulsez sur la question fiscale et le projet de taxation des très hauts revenus en prédisant une fuite des élites et donc des riches avec comme corollaire la paupérisation généralisée du pays. Là aussi, le raisonnement est elliptique même si la discussion est bien sûr ouverte.

De cette question fiscale vous rebondissez sur la CSG / CRDS, les plus values à long terme, le revenus des artistes qui ne concernent pas que les riches mais compenserait les cadeaux formidables qui auraient été fait aux plus riches. Faut-il croire sur parole cette démonstration ex abrupto ? Sur quelles bases ? Est-ce à dire qu’il serait légitime de demander au plus grand nombre d’assumer la charge de « cadeaux » fait à un petit nombre, cadeaux qui ne seraient pas remis en question ?

Puis, vous vous inquiétez de la construction de la pyramide des revenus aussi bien dans la société qu’à l’intérieur des entreprises (lesquelles ? combien ?) et du bien fondé de ces revenus quand ils ne deviennent que la rétribution de mercenaires en cols blancs …en concluant que le marché fixe les valeurs et que sa logique s’imposera. Malgré mon obédience avouée pour les thèses de Monsieur Benjamin Franklin et de son bonhomme Richard, même moi je n’irais pas jusque là ! Le marché fixe les PRIX, pas les VALEURS ! C’est justement l’intérêt de ce distinguo qui crée la PLUS VALUE !

Non décidément, je crains de n’avoir rien compris à ces lestes digressions et mon bonhomme Richard et moi vous prions de vouloir bien nous en excuser : nous en restons aux bons vieux opuscules de papa Franklin et ses « Conseils pour s’enrichir » (aux éditions ARLEA).

Quant à savoir ce qu’est la richesse ? La question reste ouverte et à traiter.

Quant à savoir qui le mérite ? Personne et tout le monde, assurément (Da Capo).

Rapidement vous nous dites : à l’origine les détenteurs du pouvoir politique, militaire ou religieux puis leurs proches et par une richesse foncière. Puis à une période que vous ne datez pas mais qui serait née avec l’économie de marché (entre le mercantilisme, les débuts du libre échange et la dérégulation des marchés, il y a près de 150 ans !) serait apparue la richesse entrepreneuriale, indissociable du risque que l’on se doit moralement de prendre pour sortir de la pauvreté.

N’est-ce pas tout simplement oublier le grand problème de la RENTE, revenu du capital toujours sans effort, parfois sans risque, qui épuisa tout le XIXème siècle et mourut de sa belle mort entre deux guerres pour réapparaitre depuis la dérégulation des marchés financiers dans les années 80 ?

Quant aux digressions sur les valeurs respectives du judaisme, du protestantisme et du catholicisme comme sur le rôle richisside de la révocation de l’Edit de Nantes et de l’inspiration de Louis XIV, elles sont à mon avis trop elliptiques pour ne pas être tout à fait caricaturales, ce qui est dommage car cela peut évidemment se discuter.

Puis vous posez la question d’actualité du revenu acceptable, non pas sous l’angle du seuil de pauvreté mais sous l’angle du revenu maximal ! Vous nous parlez donc plutôt du revenu maximal tolérable ? Mais tolérable par qui ? Les autorités, l’opinion publique, le quidam ? De là, d’une grande enjambée vous nous propulsez sur la question fiscale et le projet de taxation des très hauts revenus en prédisant une fuite des élites et donc des riches avec comme corollaire la paupérisation généralisée du pays. Là aussi, le raisonnement est elliptique même si la discussion est bien sûr ouverte.

De cette question fiscale vous rebondissez sur la CSG / CRDS, les plus values à long terme, le revenus des artistes qui ne concernent pas que les riches mais compenserait les cadeaux formidables qui auraient été fait aux plus riches. Faut-il croire sur parole cette démonstration ex abrupto ? Sur quelles bases ? Est-ce à dire qu’il serait légitime de demander au plus grand nombre d’assumer la charge de « cadeaux » fait à un petit nombre, cadeaux qui ne seraient pas remis en question ?

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