Publié le 10 Septembre 2012

L'ascèse athlétique de la gentillesse selon Jaffelin

La gentillesse dont traite Jaffelin est une ascèse athlétique.

Elle est d’abord un exercice de volonté sur soi-même ce que confirme sa réaction négative quand son approche est qualifiée de kantienne …

Ensuite Jaffelin se défend d’en faire pas une éthique en ce sens qu’elle ne prescrit pas à proprement parler de comportement ni de règles pour les encadrer ce qui la renverrait dans les rangs des nombreux ascétismes que dénonce Nietzsche. Cette nouvelle ascèse de la gentillesse renie au contraire avec Nietzsche toutes les promesses mystiques pour en faire un idéal sportif … et pas un sport de combat, mais une confrontation avec soi-même.

La gentillesse définie par Jaffelin ne peut pas être éthique puisqu’elle se définit comme amorale.

En ce sens, et Jaffelin y consent sans difficultés, elle n’est pas une manière d’être aux autres comme peut l’être la douceur mais un exercice de vertu au sens de Machiavel, de force morale, de force vitale … Avec ce renversement dialectique, la gentillesse évite l’écueil de l’ascétisme et devient même une ascèse hédoniste … un comble, un oxymore nietzschéen …

Et partant elle n’a plus rien à voir avec la méchanceté … et ne s’y oppose plus. Elle s’autonomise d’ailleurs tellement qu’on peut se demander si, en poussant au bout la réflexion, on ne finirait pas par pouvoir être gentil et méchant de front ! Comme une synthèse dans une sorte d’indifférence morale à autrui … D’où la tentative refusée d’arrimage à Kant et la référence polémique à Hegel …

Avec Jaffelin, la gentillesse reprend toute la saveur aristocratique qui était la sienne dans l’Antiquité quand les gentils de Rome étaient aussi les plus nobles des romains.

Une ascèse athlétique donc mais pour un nouvel élitisme : celui des athlètes de la vertu.

Ainsi parlait Jaffelin.

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Rédigé par Apicelleria Filomato (dit Api)

Publié le 4 Septembre 2012

Présentations du pouvoir d'achat des ménages

J’avoue ne m’être jamais posé la question de l’existence d’un écart d’évolution entre le pouvoir d’achat par personne et le pouvoir d’achat par ménage

Il existe bien et on le retrouve effectivement dans le tableau ci-dessous publié par l’INSEE dans les comptes nationaux.

Voir le Lien N° 1 : Tableau du Revenu disponible brut des ménages français et évolution du pouvoir d'achat par personne, par ménage et par unité de consommation (Mise à jour le 15 mai 2012) 

O. Bouba-Olga s’est posé lui cette question sur son excellent blog (en lien ci-dessous) et rapproche ce tableau des revenus disponibles ( Tableau 1) du graphique de la répartition de la population française par taille des ménages.

Voir le lien N° 2 : Tableau de l'évolution des ménages français selon leur taille depuis 1975

Et il indique que «les évolutions marquées (de la population …) s’expliquent d’une part par le vieillissement de la population et d’autre part par la fragilité des couples de 30-59 ans », ce qui me semble exact et ne nécessite pas d’autres commentaires.

Car effectivement la modification de la composition (ou le ménage de 2 personnes compte pour 1,5 personnes et le ménage de 6 personnes, par exemple, un couple avec 4 enfants de moins de 14 ans compte pour 2,7 personnes seulement !) fait bien apparaître 3 millions de petits ménages supplémentaires entre 1999 et 2009 comme l’INSEE l’indique ici.

Pour autant peut-on en conclure comme lui que « si (…) la composition des ménages suit l’évolution retracée dans le graphique ci-dessus, le pouvoir d’achat par ménage (…) va nettement baisser. » ?

Oui, à tout coup, si on fait l’hypothèse comme O. Bouba-Olga qu’on est « dans le cas d’une économie dont le nombre d’habitants ne bouge pas, dont les revenus ne bougent pas, dont les prix ne bougent pas sur une période donnée» … ce qui n’est bien sûr pas le cas de la France puisque l’INSEE produit cet autre tableau qui fait apparaître que malgré la cassure de 2008, le revenu disponible brut ou arbitrable a connu une croissance annuelle de 2,5% à 5% :

Voir le  lien N° 3 : Tableau du Revenu "arbitrable" des ménages français et évolution du pouvoir d'achat "arbitrable" par personne, par ménage et par unité de consommation ( Mise à jour le 15 mai 2012) 

Non, voyez-vous ce qui perturbe sur la période c’est l’évolution de l’indice des prix sur la consommation finale des ménages qui était autour de 2% entre 2006 et 2007 quand la croissance du revenu arbitrable était entre 4 et 5% et qui toujours aux alentours de 2% en 2011 quand la croissance du revenu arbitrable n’est plus que de 3% …

D’ailleurs pour 2011 on peut s’étonner de l’évolution du revenu arbitrable qui est de 3% quand celle du revenu disponible est de 2,6% !

C’est donc avec une surprise renouvelée qu’on peut découvrir le tableau suivant :

Voir le lien  N° 4 : Dépenses de consommation finale des ménages français pré-engagées à prix courants

Quoi ? Sur la période 2005-2011, la part des dépenses pré-engagées reste d’une stabilité têtue et en particulier celles liées au logement aux alentours de 21% du revenu disponible brut (on pourra d’ailleurs en rediscuter ailleurs et plus tard concernant la question des problèmes du logement en France).

Donc peut-on en conclure de manière définitive comme O. Boulba-Olga que l’« effet de composition impacte certainement plus le pouvoir d’achat des ménages que la hausse du prix de l’essence… » ?
Eh bien, non je le crains car les chiffres sont précis et têtus … comme les économistes …
Le prix de l’essence joue un rôle très important dans l’affectation du pouvoir d’achat arbitrable des ménages, comme chacun peut sans rendre compte et quelle que soit la taille de son ménage d’ailleurs (Ah, empirisme quand tu nous tient !)

En revanche, je me dois de rajouter qu’O. Bouba-Olga fait en passant une remarque très juste et frappée au coin du bon sens selon laquelle :
« En quoi la composition des ménages impacte-t-elle le pouvoir d’achat? La composition des ménages a un effet structurant sur le pouvoir d’achat, car vivre à plusieurs sous le même toit permet de bénéficier d’économies d’échelle, en raison de l’existence de coûts fixes. » et on pourrait rajouter pour les enfants en bas âges, cela permet de bénéficier d’allocations familiales par exemple …

Eh bien, il me semble que cette remarque là n’est absolument pas prise en compte par l’INSEE qui calcule l’évolution du pouvoir d’achat par personne et par ménage à partir de son calcul de l’évolution du pouvoir d'achat du revenu disponible brut des ménages … c'est-à-dire pour l’ensemble des ménages après quoi elle fait une simple règle de 3 pour la ramener par personne ou par ménage. L’économie d’échelle n’est pas donc pas prise en compte puisqu’elle affecte le même coefficient au numérateur et au dénominateur …

Comme disait Monsieur Cyclopède, étonnant non ?

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Rédigé par Apicelleria Filomato (dit Api)

Publié le 4 Septembre 2012

Pour Tocqueville, Contre son mythe

Monsieur Theillier,

Votre présentation des thèses de Tocqueville sur la Démocratie et de leurs interprétations est totalement orthodoxe :

- le distinguo entre liberté politique de l’Antiquité et liberté naturelle des Lumières qui soutient et fonde l’émergence de l’égalité en droit des citoyens, égalité qui finit par dépasser et surpasser la liberté elle-même dans le système démocratique,

- l’apparition en suivant du phénomène de l’égalisation sociétale des conditions (précision qui évite la confusion avec l’égalisation des conditions sociales) que met bien en lumière l’analyse des relations maître/serviteur qui perdure en démocratie,

- la première dérive démocratique, celle vers le conformisme qui se traduit par la tyrannie de la majorité puisque la valeur d’une opinion se comptant à la voix qui la porte, l’influence démocratique ne s’obtient que par des coalitions qui ne peuvent s’organiser que sur des compromis d’opinions,

- la deuxième dérive démocratique, celle de l’individualisme qui se traduit par l’isolement de chaque citoyen (voire la solitude) et la suprématie du matérialisme,

- l’apathie civique comme la conséquence majeure des effets conjugués du conformisme et de l’individualisme qui appelle un interventionnisme croissant de l’Etat jusqu’au stade ultime du despotisme politique qui est l’évolution logique de la dialectique démocratique qui sanctionne la victoire du besoin d’égalité sur l’esprit de liberté,

Comme est orthodoxe votre présentation de la dénonciation du socialisme par Tocqueville comme profondément anti-démocratique car contraire à l’esprit des Lumières qui inspira la Révolution de 1789 … car :

o absolument liberticide puisque opposé à l’individualisme et à la propriété privée,

o résolument matérialiste.

Or justement il y a une contradiction évidente dans l’analyse de la démocratie par Tocqueville et sa prise de position contre le socialisme qui se solutionnerait plutôt à ses yeux comme l’étape ultime de la démocratie dans sa dérive despotique.

Cette hardie synthèse là que ne fit jamais Tocqueville fut celle des libéraux anti-soviétiques jusqu’à la chute du Mur de Berlin et on comprend bien pourquoi.

Or est-il besoin de le rappeler, le Mur est tombé depuis belle lurette.

Et les libéraux, libertariens et autres démocrates se réveillent peu à peu avec une belle gueule de bois.

Mais que s’est-il bien passé ?

Le grand Tocqueville se serait-il donc trompé ?

Comme d’habitude, ce sont ses exégètes enthousiastes qui ont érigé Tocqueville en mythe et se sont fourvoyés en refusant d’ouvrir les yeux.

Car c’est bien la version municipale de la démocratie américaine du début du XIXème siècle qui aux yeux de Tocqueville est le seul l’antidote aux dérives despotiques que la démocratie porte dans son génome : cela ses héritiers l'ont perdu de vue.

Et nos démocraties contemporaines sont bien loin de ce cadre vertueux et idyllique, de cet âge d’or de la démocratie municipale américaine et elles suivent logiquement les dérives du système démocratique :

- le conformisme atteint des sommets dans une opinion publique qui s’érige en pensée unique,

- l’individualisme s’exacerbe dans la forme la plus aigue du matérialisme, celui de l’argent totalement déconnecté de son aspect jouisseur de la vie et hédoniste.

L’argent n’est finalement que l’avatar contemporain du matérialisme et concourt à l’émergence d’un despotisme politique, redouté par Tocqueville, et qui s’est exprimé dans une forme moderne et originale :

- aggravation du coefficient multiplicateur entre revenu des plus riches et des plus pauvres et disparition de l’ascenseur social qui fige le rapport maître/serviteur,

- circulation accélérée du capital au sein d’une oligarchie anonyme, passant de la rente à la prédation spéculative,

- détournement des structures et superstructures politiques au profit de la prédation spéculative,

- précarité renforcée hors de l’oligarchie, alliant paupérisation, isolement et déclassement social, politique et juridique des précaires …

Le despotisme financier a donc aboli l’idéal égalitaire de la démocratie.

Et puis il a commencé à vivre sa crise, là-bas, ailleurs, dans les bulles financières de sa minorité oligarchique, laissant à nouveau le champ ouvert au retour en force du besoin de liberté.

Rien d’étonnant au bourgeonnement de tous les communautarismes possibles et imaginables comme autant de formes de résistance balkaniques : famille, amis, religion, cité, ethnie et jusqu’aux fantômes des classes sociales abolies (ouvriers, chômeurs ..) mais aussi et plus étonnant jeunes, vieux ou communautés virtuelles sur Facebook … tout est prétexte à se rassembler entre soi comme autant de petits fiefs autonomes et rebelles qui se constituent au sein de l’empire sans le combattre directement et sans revendiquer davantage de libertés individuelles ou politiques, pire en les abdiquant volontairement au profit de la communauté.

Le féodalisme est de retour sur le terrain et entend bien geler toute tentative d’émancipation individuelle vers plus de liberté.

Supra-despotisme, infra-féodalisme : voilà l’addition binaire de deux solvants dans laquelle se délite lentement la démocratie moderne qui y a perdu son ambition égalitaire après avoir sacrifié les aspirations de chacun à la liberté.

Il reste à comprendre notre monde contemporain et à imaginer une solution commune.

Tocqueville fut et reste un penseur d'une grande acuité et d'une impressionnante sagacité. Ses adeptes et exégètes de méchants mystificateurs.

Le mythe de Tocqueville aurait-il enfin vécu ?

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Rédigé par Apicelleria Filomato (dit Api)

Publié le 3 Septembre 2012

Morale laïque et laïcité intérieure ...

Madame Hansen-love

Je découvre sur votre blog l’intervention du ministre de l’Education Nationale qui me laisse dans une grande perplexité.

Non pas quant au fond et à l’objectif poursuivi qui sont très clairs, simples voire simplissimes : restaurer une école des hussards de la IIIème République avec la reconstruction des Ecoles Normales sous le vocable novlangue d’écoles supérieures de l’éducation et du professorat, cette école mythique de Jules Ferry : une école bourrue et idéaliste, libre de sa pensée mais dans l’ordre, l’obéissance et l’orthodoxie républicaine. On comprend bien aussi que le Ministre fait de son enseignement phare de la morale laïque à la fois le fil rouge et l’épine dorsale courant du primaire au baccalauréat de son école républicaine refondée.

Mais la démonstration méli-mélo mou de cet agrégé de philosophie qui a pourtant mené au CNRS une recherche approfondie sur cette question de la laïcité laisse pantois.

Il existerait donc une « laïcité intérieure » qui serait « un rapport à soi qui est un art de l’interrogation et de la liberté » et qui permettrait « de faire un effort pour raisonner, considérer que tout ne se vaut pas, qu’un raisonnement ce n’est pas une opinion et que le jugement cela s’apprend » ? Cette notion de laïcité intérieure vaut déjà son pesant de volumes.

En lisant les propos du Ministre, on s’étonne déjà de sa préférence pour la notion de morale plutôt que d’éthique, même si la confusion est souvent faite entre les deux termes, les liant par on ne sait trop quel pacte d’ailleurs. Pour autant son choix est clair et correspond effectivement à celui de la morale puisqu’il dit sans hésiter :

« la morale laïque c’est comprendre ce qui est juste, distinguer le bien du mal, c’est aussi des devoirs autant que des droits, des vertus, et surtout des valeurs ».

Voilà qui est clair même si la fin de son propos ouvre déjà sur un versant éthique, pratique et réglementaire, qui vise à la formation du citoyen, à son édification, à la vie en société et au fondement du droit :

« La capacité de raisonner, de critiquer, de douter, tout cela doit s’apprendre à l’école. »

Et voilà que la morale laïque virant à l’éthique sociale, elle s’envole déjà vers l’Utopie de celle dont traitait Thomas More puisque Monsieur Peillon nous dit :

« un certain nombre de valeurs sont plus importantes que d’autres : la connaissance, le dévouement, la solidarité, plutôt que les valeurs de l’argent, de la concurrence, de l’égoïsme… Une société et une école qui n’enseignent pas ces valeurs s’effondrent. Il faut assumer que l’école exerce un pouvoir spirituel dans la société. »

Et plus loin :

« Si ces questions ne sont pas posées, réfléchies, enseignées à l’école, elles le sont ailleurs par les marchands et par les intégristes de toutes sortes. »

Il est vrai que More lui aussi était confronté à une crise sociale née du capitalisme (lainier et pas financier) et qu’il rêvait déjà d’une société sans argent où la richesse serait équitablement distribuée. Et dans l’île Eutopia, sans clergé, ses citoyens (eux très religieux et pas encore imprégnés de laïcité intérieure) s’en remettaient pourtant à une morale naturelle rigoureuse et austère, un peu comme cette étrange morale laïque intérieure, fraîchement pondue du jour …

On sait la fin de More qui était ministre lui aussi et on peut se rassurer en se disant qu’elle ne sera sans aucun doute pas celle de notre Ministre de la laïcité intérieure … mais on peut toutefois sérieusement se demander si ce destin n’est pas métaphorique de celui de notre école contemporaine dont cette ultime sursaut de restauration morale ressemble fort à un argument d’autorité, à la réflexion bâclée.

Qui croit aujourd’hui en ses valeurs émancipatrices et à ses vertus réalisatrices : les mineurs délinquants (déscolarisés volontaires), les jeunes diplômés sans emploi, les chômeurs déclassés, les précaires de toutes sortes, les illettrés issus du système, les cyniques qui ne voient que par l’argent et la célébrité ? Qui croit même encore dans l’urbaine nécessité de la politesse, invoquée par notre ministre-hussard ?

Certes l’utopie en son île est belle … et le temps de l’école semble compté, voire passé pour beaucoup, beaucoup trop …

Bien à vous

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Rédigé par Apicelleria Filomato (dit Api)

Publié le 2 Septembre 2012

Ruelles des boutiques obscures

Monsieur Guillaud,

Je ne peux que me retrouver dans cette physiologie du cyber-flâneur que fait Evgeny Morozov et vous confirme donc trait pour trait le portrait qu’il en dresse.

Et jusque dans l’incognito jouisseur et jouissif que ce gourmand de Balzac avait perçu comme une forme sublimée de la « gastronomie de l’œil » … et je pourrais rajouter de l’esprit.

En revanche, je ne lui emboîte pas le pas dans sa dénonciation de la volonté hégémonique de Facebook qui n’est pour moi tout au plus qu’une bulle à la mode qui se dégonflera un de ces jours dans une tempête médiatique et boursière … quand notre belle jeunesse qui en fait la sève sera devenue has been aux yeux de la génération suivante …

Mais j’ai noté au gré de mes (courtes et récentes) pérégrinations, un phénomène que je ne soupçonnais guère et qui tient au caractère de notre espèce et de son besoin de se regrouper en clans, en factions, en coteries autour de bannières diverses et variées qui d’un bistrot amical entre copains, qui d’un club entre mondains, qui d’âmes égarées autour de charlatans de tous poils professant des savoirs universels ou des expertises pointues (toujours pointues de l’anthropologie à l’économie en passant par la finance …) ou de péripatéticiennes exhibées.

Bref autour de l’agora, du forum et de la place, sous les arcades où nous déambulons se sont ouvertes des officines, des boui-boui, des boutiques, des antres, des salons, des entrepôts qui rassemblent leur clientèle et tentent de les fidéliser de manière plus ou moins honnête et gratuite (certains sites faisant même appel au « don » de leurs visiteurs habitués).

Les adresses sont connues et beaucoup ont pris de fâcheuses habitudes qui peuvent devenir des addictions sévères. Les flâneurs les regardent avec cette commisération hédoniste qui les caractérise, heureux d’échapper à leur foule suante et braillarde pour aller plus loin, un peu plus loin pour oublier dans autant de ruelles et venelles, cette grande « Rue des boutiques obscures » ( eh oui, Modiano et Gallimard en firent un Prix Goncourt sur un tout autre sujet … comme quoi)

Ce n’est somme toute que l’évolution normale de la vie en société qui par agglutinements successifs s’acharne à modeler notre pâte d’hommes … dont n’essaient de s’abstraire que quelques beaux esprits, épris de dandysme et de gourmandise de l’œil et de l’esprit.

Bien à vous

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Rédigé par Apicelleria Filomato (dit Api)

Publié le 2 Septembre 2012

(Ana)Thème Rousseau

J’ai été surpris de lire la chronique N° 88 de Michel Onfray tant elle ressemble à un anathème qui voue aux gémonies l’héritage de Jean-Jacques.

Sans avoir la prétention d’avoir lu tout l’œuvre du contradictoire et complexe Genevois, l’argumentation de M. Onfray oublie pour une fois de replacer le texte dans le contexte pour en condamner d’abord son immédiat héritage révolutionnaire que ledit Jean-Jacques aurait sûrement renié puis ses héritiers putatifs modernes et contemporains qu’il aurait été bien en peine d’imaginer : « si ce n’est toi, c’est donc ton fils ou ton neveu ou ton petit-neveu ou un qui s’imagine et se revendique comme tel » entend on mezza voce au pauvre Rousseau, ainsi condamné à être poursuivi par sa parano jusque dans les limbes … d’autant qu’il fut lui aussi en son temps en but à la chasse des meutes éclairées de l’opinion dominante …

En suivant, j’ai trouvé le petit texte de Michel Soëtard sur le prévenu qui me semble calmer opportunément le jeu et avancer sa défense raisonnée face au réquisitoire de la chronique et que je mets en lien ci-dessous.

D’ordinaire, j’aime pourtant la lecture pointilleuse de Michel Onfray et ses annotations dans les marges. Je ne l’ai pas retrouvée ici dans cette excommunication minute ; d’où ma surprise et mon envie de lire un peu plus précisément ledit Rousseau pour qui je n’ai jamais éprouvé de sentiment amical, contrairement à M. Onfray dont je regrette qu’on ne puisse commenter ses chroniques. Pourquoi pas après tout ?

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Rédigé par Apicelleria Filomato (dit Api)

Publié le 1 Septembre 2012

Obscures clartés pétrolières

Chère Anne Eveno

vous terminez votre article sur l'arbitrage rendu par le gouvernement sur le prix du pétrole par un lien vers l'Observatoire des prix de la DGCRF alors qu'il est beaucoup plus intéressant de suivre le lien vers le rapport d'étape de la mission conjointe de l'IGF/CGIET commandé par Pierre Moscovici le 14 Août. Ce rapport d'étape ne datant que du 24 Août, vous êtes donc toute excusée de ne pas vous y être référée dans votre article du .. 22 Août.

Ce qui sera d'ailleurs encore plus intéressant, c'est le rapport final qui sera présenté le 26 Octobre prochain et qui portera sur :

- l'analyse de la marge nette de distribution des carburants,

- l'analyse des marges de raffinage et de trading,

ce qui nous promet ni plus ni moins une analyse complète de la CHAINE DE VALEUR et de la formation du PRIX tout au long de cette chaîne sachant que le rapport d'étape avoue dans les approfondissements nécessaires à réaliser (page 20) qu'il n'a pour l'instant pas vraiment abordé son travail d'analyse et en particulier la localisation des profits dans l'amont de la filière (exploration-production).

Pour autant, même si à l'occasion de ce rapport, on aurait pu se prendre à espérer à une restructuration profonde de ce marché "atypique" à plus d'un titre et cela en faveur du consommateur sous l'égide de l'Etat, la lettre de mission du 14 Aout fixe dés l'ouverture de cette étude ses limites expresses puisqu'il est noté que le ministre attend :

- des propositions visant à renforcer l'intensité concurrentielle,

- des propositions d'amélioration d'information des consommateurs,

et à aucun moment une réorganisation en profondeur du marché.

Il y a donc fort à parier que le changement ne soit pas encore pour maintenant (au moins dans ce domaine) même si on espère vraiment que l'honnêteté intellectuelle de ce rapport pointera clairement les trappes à valeur et les liens entre les différents acteurs de cette filière pour le moins aussi opaque qu'une flaque de pétrole ...

Bien à vous

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Rédigé par Api

Publié le 31 Août 2012

No regrets

Il parait que No Regrets de Johnny Dowd est « Un terrassant concentré d’Amérique, monstrueux et merveilleux » ?

Oh que oui, je veux bien vous croire !

J’avais tellement aimé Cruel Words et l’intro de Housse of pain du même vieux schnock qui est bourré d’un humour désespéré et optimiste. Bon oublions l’autre Johnny parce que notre bouseux prolo-dandy me fait plutôt penser au délié kangourou Cave, Nick …

J’écouterai volontiers ses bouffées réminiscentes de vieux croûton sauce Casanova (pauvre petite Lana, oh non …)

Oui, promis, à chaque oreille.

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Publié le 31 Août 2012

La solution des pôles de Compétitivité

Monsieur Attali,

avec quelques autres, je suis heureux de voir que l’Euro que certains annonçaient moribond voire mort en Décembre 2011 soit non solum sur la voie la voie du rétablissement sed etiam sur un tremplin de financement à bas coût pour toute la zone.

Au-delà des craintes institutionnelles qui n’en sont pas vraiment puisque l’Allemagne n’a aucun intérêt à un blocage aujourd’hui et par-delà les questions toujours institutionnelles de création d’un ministère fédérale des Finances pour contrôler la mise en œuvre de sages et orthodoxes politiques budgétaires, on se dit que si la solution ne tient qu’à la résolution de ces deux simples questions alors son horizon est tout à fait visible et ce n’est effectivement qu’une question de mois.

Or, voyez-vous, cette vision exclusivement technocratique pour correcte qu’elle soit (et bien plus réaliste que celles exclusivement monétaires et apocalyptiques de médiatiques experts comme Jorion), est hémiplégique et oublie trop facilement que la prospérité de la zone Euro ne peut passer :

- que par la croissance,

- que celle-ci est atone et en dessous des 1,5% nécessaires à une réduction notable et durable du chômage (voire compromise pour certains Etats membres en-dessous de 0%),

- que conformément à John K.Galbraith seule l’augmentation de la production peut relancer cette croissance si tant est qu’elle vise les marchés mondiaux toujours en croissance malgré un tassement à 3,5% (bien suffisants pour une résorption du chômage européen),

- que cette augmentation de la production ne peut se faire que dans le cadre des Pôles de Compétitivité, outil déjà à notre disposition, pour peu qu’on investisse massivement dans la partie commerciale plutôt qu’exclusivement dans la partie Recherche,

- d’ailleurs cet investissement étant essentiellement dans la Ressources Humaines est le débouché naturel et tout désigné des emplois d’avenir, indispensables socialement et qui devraient être multipliés pour les jeunes accédant au marché du travail,

- d’ailleurs de manière assez drôle la montée en puissance de ces pôles de compétitivité mettrait fin à l’insoluble course à la compétitivité qui détruit la qualité des emplois et leur rémunération et paupérise et précarise chaque jour davantage nos compatriotes,

- que l’investissement commercial français à l’export doit profiter du moteur allemand et que cela peut et doit se négocier,

- qu’on voit que tout cela pourrait être avantageusement orchestré par un ministre de l’Economie fédéral (ou mieux un délégué fédéral au Commerce Extérieur sous l’égide du Président et pas de la Commission), même si son rôle serait d’orchestrer et pas d’impulser, prérogative de chaque Etat.

Vous voyez qu’il y a lieu d’agir maintenant que les discussions entre experts sous l’arbre à palabres européens ont fini par les mettre d’accord sur la seule solution possible : un rachat des dettes européennes et une baisse des taux de l’Euro, l’Allemagne y aillant gagné, fine mouche, une dévaluation compétitive de sa monnaie au moment ad hoc. Les autres pays qui ont négocié les moyens de leur croissance en contrepartie doivent maintenant se mettre au travail … assez de palabres, assez d’experts et d’expertises, il faut agir et vite … sinon le pouvoir d’achat artificiellement maintenu commencera réellement à baisser et le chômage explosera pour de bon, rétrécissant notre marché intérieur. C’est ce qui inquiète le gouvernement chinois d’ailleurs qui se rapproche furieusement du plancher des 7% de croissance en dessous duquel leur chômage va commencer à croître dangereusement …

Vous le voyez, concentrons-nous sur la production et nos Pôles de Compétitivité !

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Publié le 30 Août 2012

Citius, fortius, altius : bien vu

Enfin un essai de perspective et de prospective !

" Maîtriser les dépenses courantes autant que possible, et augmenter au besoin les investissements pour en lisser l'effet sur la croissance ! "

L'augmentation des investissements n'a d'intérêt que s'il débouche sur une augmentation de la production dans des secteurs à bonne valeur ajoutée dont la consommation mondiale est encore porteuse pour l'économie française.

Il faut donc lier investissement et production ainsi que investissement et commercialisation au niveau mondial.

Les outils existent : ce sont les pôles de compétitivité !

Mais on n'a pas fixé clairement leur feuille de route pour sortir de la crise. Il faut viser la conquête de parts de marché mondiales. Et l'Allemagne peut nous y aider ...

Enfin on peut aussi investir les dépenses courantes ( emplois aidés par exemple ) s'ils se font dans ce cadre des pôles de compétitivité. Car en plus de leur utilité sociale indéniable, ils auront là et là seulement une vraie utilité économique.

Belle démarche pleine de bon sens ... économique.

Bien à vous

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